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Les articles de Guy Thibault

DOSER SON EFFORT EN CONTRE LA MONTRE


Pour se rendre le plus rapidement possible du point A au point B à vélo, il faut rouler à une vitesse la plus constante possible et donc augmenter son effort en montée et en vent de face, quitte à le réduire dans les tronçons moins difficiles. Tout cycliste expérimenté est de cet avis. Mais la fatigue engendrée par chaque période d'effort plus intense est-elle suffisamment compensée par la récupération des périodes moins difficiles? C'est ce qu'ont étudié des chercheurs de la Virginie. Huit coureurs cyclistes ont effectué, à deux reprises et selon des protocoles distincts, une épreuve maximale d'une heure en laboratoire. D'abord à régime constant, puis, trois jours plus tard, selon un patron intermittent imposé : 12 blocs de 5 minutes, l'un à intensité sensiblement plus faible (5% moins intense), le suivant à intensité plus élevée (5% plus intense), et ainsi de suite pendant une heure, sans arrêt. La fréquence cardiaque et la concentration sanguine de l'acide lactique étaient plus élevées pendant chaque période de 5 minutes à haute intensité (on s'en doutait), mais, en moyenne, toutes les mesures physiologiques, en l'occurrence la consommation d'oxygène, la concentration de l'acide lactique et la fréquence cardiaque, étaient les mêmes pour l'effort intermittent et pour l'effort continu (surprise!). Les cyclistes n'ont pas trouvé plus difficile de refaire leur record de l'heure avec un patron intermittent qu'avec un patron continu. On conclut que même sur un parcours sans difficultés, adopter un patron où l'effort varie périodiquement de plus ou moins 5% n'affecte pas la performance. C'est donc vrai qu'il est avantageux d'y aller de façon plus vigoureuse en montée et en vent de face, quitte à récupérer un peu lorsque les conditions sont moins difficiles. Reste à voir si une variation plus prononcée de l'effort (plus mou moins 5%, c'est quand même pas énorme!) mène aux mêmes conclusions.

Réf. : Liedl, Swain & Branch. Physiological effects of constant versus variable power during endurance cycling. Med. Sci. Sports Exerc. 31 :1472-1477, 1999.