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Les articles de Guy Thibault

Que penser du fameux LSD ?


LSD. : De l'anglais Long Slow Distance training. Méthode d'entraînement aérobie consistant à maintenir pendant une très longue période de temps une intensité relativement faible ou très faible, habituellement sans grande variation de l'intensité. Les tenants du LSD (qui ne craignent pas de passer plus de cinq heures d'affilée en selle en " zone 1 ") et ceux de l'entraînement par intervalles (EPI, qui ne manquent pas d'imagination pour se crever à petites doses, en moins d'une heure ou deux) se sont opposés pendant plusieurs années. Aujourd'hui, le consensus parmi les spécialistes est qu'il faut mettre l'accent sur une forme d'entraînement pendant un cycle de quelques semaines avant de passer à une autre forme d'entraînement. A noter qu'il a été démontré qu'en abusant du LSD, on a tendance à prendre sa puissance musculaire, sa capacité anaérobie et donc son habileté à bien sprinter.

LSD : Le Pour

Rouler à faible intensité sur de longues distances en début de saison pourrait être justifié à l'aide d'au moins quatre arguments :

1- En principe, vous risquez moins de vous infliger une blessure aux membres inférieurs en pédalant à faible intensité pendant quelques semaines avant de soumettre vos muscles, vos tendons et vos articulations à des tensions plus élevées, comme c'est les cas à haute intensité, par exemple lorsque vous effectuez des démarrages en côte.

2- Les milliers de coup de pédales que vous effectuez au cours d'une longue sortie devraient théoriquement vous aider à perfectionner votre coup de pédale (à condition d'y accorder un attention particulière). Or, développer vos qualités physiques sans avoir préalablement pris soin de perfectionner votre style, c'est comme installer un groupo Campagnolo Record sur un cadre en carton.

3- On sait que pour obtenir un pic de performance le jour où " ça compte ", il faut réduire considérablement (environ 50 à 60 %) le volume hebdomadaire d'entraînement. Ainsi, si vous tenez à " faire du volume " au cours de l'année, mieux vaut le faire tôt au printemps que juste avant les courses ou les randonnées où vous souhaitez être en pleine forme.

4- Si vous cherchez à augmenter votre dépense calorique pour perdre de la graisse, vous avez avantage à augmenter la durée de vos séances, quitte à en réduire l'intensité. (Notez par contre que des recherches menées notamment à l'Université Laval sur le rôle de l'exercice physique dans le contrôle de la masse corporelle indiquent que ce sont plutôt les séances courtes et comprenant de brèves fractions d'effort à haute intensité (ex. sprints de 10 à 40 secondes, récupération de une ou deux minutes) qui donnent les meilleurs résultats : la dépense calorique qui y est associée n'est certes pas très élevée, mais les sujets, sans nécessairement s'en rendre compte, mangent moins et, tout compte fait, perdent plus de graisse).

LSD : Le Contre

Il y a au moins quatre arguments défavorables à la tradition consistant à " faire sa base d'aérobie avant tout travail à haut régime " :

1- Vous avez besoin d'une bonne dose de motivation, d'un sens certain de l'héroïsme et d'un grain de masochisme pour vous taper de longues sorties alors que les conditions climatiques ne sont pas nécessairement favorables.

2- Si vous vous acharnez pendant trop longtemps à faire des sorties de très longue durée, vous risquez de vous retrouver avec un profil hormonal (ex. plus de cortisol, moins de testostérone) qui : A- entrave la récupération et le développement de votre masse musculaire; B- fragilise votre système locomoteur; C- occasionne une diminution de votre puissance musculaire et de votre capacité anaérobie; D- augmente considérablement (du simple au triple, dans les cas extrêmes) le risque que vous soyez atteint d'une maladie infectieuse (ex. bronchite).

3- Pour arriver à rouler plus longtemps, vous aurez tendance à faire un compromis sur l'intensité de l'effort. Or, chaque minute de pédalage a un effet sur le développement de la puissance aérobie maximale (PAM) d'autant plus élevé que l'intensité de l'effort se rapproche de 100 % de la PAM. Et moins l'intensité est élevée, moins l'amélioration de la PAM est grande. Ainsi, allonger une sortie à vélo n'aura l'effet recherché sur la PAM et la performance que si l'intensité demeure élevée, ce qui exige beaucoup de motivation et s'accompagne indubitablement d'une grande fatigue.