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Les articles de Guy Thibault

Trop s'entraîner, c'est parfois pire que pas assez !

On appelle « surentraînement » un ensemble de manifestations physiques et mentales qui ne sont pas nécessairement les mêmes chez tous les cyclistes mais qui se traduisent globalement en une augmentation marquée de la sensation de fatigue et une diminution de la performance découlant d’un entraînement trop intensif et d’une récupération insuffisante.

Au cours de la période de récupération qui suit chacune de vos séances d’entraînement, votre organisme restaure l’équilibre qui a été perturbé. Si les perturbations physiologiques engendrées par la séance d’entraînement ne sont pas trop grandes et si la récupération est appropriée, l’état des fonctions biologiques est restauré au delà de son état initial. On appelle « surcompensation » cette adaptation utile de l’organisme au stimulus de l’entraînement.

Si par contre le volume et l’intensité de l’entraînement sont tels qu’ils provoquent des perturbations trop importantes de certaines fonctions, ou si la durée de la période de récupération après une séance est insuffisante pour les restaurer au moins à leur niveau initial avant la prochaine séance d’entraînement, l’organisme s’affaiblit de séance en séance et cesse de répondre adéquatement au stimulus de l’entraînement. Sa capacité à s’ajuster à l’effort diminue au lieu de s’améliorer.
 
La clef pour éviter le surentraînement, c’est de savoir en reconnaître les signes avant-coureurs. Mais cela n’est pas facile. On n’a pas encore trouvé de « marqueur » biologique qui permettrait d’anticiper le surentraînement de manière fiable. Pour déceler le moment où il faut « en laisser sous la pédale », il faut bien se connaître. Les meilleurs indices sont les suivants : sautes d’humeur, irritabilité, lassitude, manque de motivation, sommeil difficile, perte d’appétit, augmentation de la fréquence cardiaque au repos, douleurs musculaires inhabituelles ou trop persistantes, apparition d’infections, etc.

Pour réduire le risque de surentraînement, vous devez vous donner des objectifs raisonnables et construire d’avance votre plan d’entraînement en veillant à ce qu’il suive une progression lente dans les paramètres de la charge (ex. volume, intensité) et qu’il comprenne de fréquentes périodes de repos. Il est sage de prévoir au moins une journée de repos passif par semaine et de faire une séance facile la veille et le lendemain de chaque séance plus intensive.

À l’aide de votre carnet d’entraînement, demeurez constamment à l’affût de tout signe indiquant que le stress d’entraînement et d’autres sources de stress (ex. soucis professionnels ou familiaux, manque de sommeil) se conjuguent et commencent à précipiter l’apparition du syndrome de surentraînement. Dans ce cas, réduisez sans tarder le volume, la fréquence et l’intensité de l’entraînement pendant quelques jours. Les effets des séances suivantes n’en seront que plus bénéfiques.

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